La créativité au service de l’entreprenariat

Développer sa créativité, quand on est pas un artiste, à quoi bon? C’est ce qu’on pourrait se dire, à raison. La créativité n’a pas d’intérêt en soi si elle n’est pas mise au service d’un projet qui nous tient à cœur.
Alors, une entreprise, peut-être? C’est ce que propose Nicolas Trüb dans son livre Ma Retraite à 29 ans. Ne vous fiez pas au titre racoleur, Trüb propose une vraie méthode à tous ceux qui souhaitent quitter le monde du salariat et veulent se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat. Un peu comme La Semaine de 4h de Tim Ferris mais en plus réaliste, avec un langage plus cru et percutant. ma retraite à 29 ans
Quand Ferris suggère de faire travailler les autres à sa place pour se la couler douce sous les tropiques, Trüb ne promet pas gloire et richesse. Pour lui, prendre sa retraite signifie quitter le monde du salariat et travailler pour soi. Se fondant sur son expérience personnelle, son récit est une vraie inspiration. 
 
 

Le salarié esclave et la liberté de l’entrepreneur

 

 
Trüb parle de “créer son entreprise” et non de “se mettre à son compte”. N’est-ce pas la même chose? La différence est subtile. Quand un freelance propose ses services à un tarif horaire ou journalier, l’entrepreneur, lui, crée quelque chose d’extérieur à lui. C’est donc l’acte de création qui différencie l’indépendant de l’entrepreneur.
La création est alors un travail à temps plein.
 
Afin d’encourager ses lecteurs de devenir entrepreneurs, Nicolas Trüb présente le salariat comme une nouvelle forme d’esclavage moderne. Ses phrases sont tellement percutantes que je ne peux que les laisser telle quelles. 
 
 
“J’ai compris que l’âge adulte est cette période où les individus sont enfin propriétaires de leur destin. Autour de moi je ne rencontre souvent que des locataires de leurs existences qui payent cher le confort supposé de leur routine”
 
“Un job qui ne vous plaît pas vraiment,  c’est tous les matins une baffe dans la gueule”
 
“Pour un salarié frustré,  le budget vacances est principalement destiné à faire oublier le non -sens de son existence du reste de l’année.”
 
“Le seul droit absolu d’un entrepreneur en matière de temps de travail est le contrôle de son propre agenda (…) il peut aligner les journées de 18h mais s’offrir un ciné à 11h du matin le lendemain…quand je vois des mecs de 50 ans demander la permission de prendre un jour de congé,je trouve qu’ils payent cher la stabilité supposée de leur poste”
 
“La fameuse angoisse du dimanche soir a totalement disparu”
 
 
Je ne sais pas pour vous mais ça me donne une envie furieuse de démissionner ahah! 
A l’opposé se trouve l’entrepreneur. L’entrepreneur jouit d’une certaine liberté mais attention, pas de vision idéalisée!  C’est moins glamour quand on prend conscience qu’entreprendre signifie ne pas compter ses heures, ne pas avoir de revenus réguliers, supporter les lourdes responsabilités pour satisfaire ses clients. 
 
Quand le salarié travaille la semaine et poursuit ses hobbies pendant son court temps libre, l’entrepreneur “fait de son travail son premier loisir et fait de son loisir l’objet de son travail”. Pas de temps pour les traditionnels hobbies certes, mais l’entrepreneur devrait en principe consacrer sa vie à ce qu’il aime.
 
 
La liberté absolue n’existe donc pas. On sera toujours esclave de quelque chose, il faut choisir ce “quelque chose”. 
 
 
 

La question de l’idée

 

L’importance de l’action

 
On peut avoir l’envie de se lancer dans l’expérience entrepreneuriale mais ne pas avoir d’idée d’entreprise ou au contraire avoir tellement d’idées qu’on n’arrive pas à rester focalisé. Dans les deux cas, on n’avance pas. 
Créer est un verbe d’action et pour Nicolas Trüb, c’est très simple : “Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée,  il n’y a que des idées qui ont été testées ou non”. Priorité à l’action donc! Une idée vous vient en tête, testez-là, sur le terrain (pas que dans votre imagination)! On n’idéalise pas l’idée, on reste pragmatique avant tout. Avis aux contemplatifs, il est temps d’agir.
 
“L’objet de votre création d’entreprise n’a aucune importance”
 
“Le jeu du créateur ne consiste pas à trouver le plus d’idées possible, mais à évacuer le plus rapidement possible celles qui sont le moins intéressantes,  parce qu’elles s’avèrent difficiles à réaliser,  dangereuses ou idiotes”
 
En résumé, la méthode à suivre est la suivante : 
  • chercher et trouver une idée. Etape plus ou moins laborieuse selon la personnalité et l’imagination de chacun
  • mise en application de l’idée
  • en cas d’échec, chercher, trouver et tester une autre idée
  • etc.
 

MON idée?

 
Peur de se faire voler son idée? On la garde pour soi telle un “précieux”. Ou on se sent menacé quand quelqu’un parle d’une idée similaire à la nôtre.
Ou peur que son idée ne soit pas originale et ait déjà été mise en oeuvre par quelqu’un d’autre? On peut alors perdre confiance en soi en se comparant aux autres.
Ces sentiments nous sont à tous familiers.
Cependant, les idées ne nous appartiennent pas. Comme l’écrivait Elizabeth Gilbert dans Comme Par Magie, elles circulent et c’est à chacun de nous d’en saisir une et de la faire sienne. A nous d’apporter notre touche personnelle.
 

“On peut toujours copier votre idée,  ou croire la copier, mais l’énergie que vous lui accordez,  l’intelligence avec laquelle vous dialoguez avec vos clients et vos fournisseurs, la subtilité de l’organisation que vous mettez ai service de cette vision,  elles,  sont inimitables.”
 
Donc, parlez de vos idées, réalisez les, ne vous comparez pas sauf si cela vous pousse à vous dépasser davantage. Aucune idée ne sera jamais originale ; comme on dit “rien ne se crée, tout se transforme”. Ce qui compte est la forme donnée à notre idée.
 
 

Comment financer son projet? La question de l’argent


Le manque d’argent est la principale raison (l’excuse préférée) pour ne pas se lancer. On peut avoir cette “super idée” et se sentir bloqué par le manque de ressources financières. Trüb  rappelle “quun projet vraiment super n’a pas besoin d’énormément d’argent pour débuter”. La primeur de l’action, vous vous souvenez?
Evidemment, tout projet a besoin d’être financé. Mais avant de compter sur un financement extérieur, il s’agit avant tout de s’auto-discipliner en réduisant ses besoins au strict minimum. En effet, ce n’est pas glamour et voici la méthode choc : 
  • se priver de loisirs (aie aie aie)
  • avoir un job alimentaire qui réponde à ces trois critères : assez bien payé, qui ne prenne pas trop de temps et qui nous apprenne quelque chose. Ainsi, on peut mettre de côté, avoir du temps pour développer son activité en parallèle et continuer de progresser. 
L’autre conseil de Nicolas Trüb  est de ne pas dépenser des mille et des cents dans des formations trop chères et inutiles. Cette vision est plutôt en décalage avec ce qu’on entend partout. Mais la priorité est à l’action et le meilleur apprentissage se fait sur le tas. Possible que les formations théoriques gèlent l’action en plus de dégarnir le portefeuille. 
 
 

Et cette peur?

 
Malgré tous ces bons conseils, on peut avoir peur de se lancer, de perdre la sécurité qu’offre le travail salarié. Ce n’est pas évident. 
Etre entrepreneur peut être un rêve mais comment savoir si on prend la bonne décision ? 
 
  
Toujours avec son style direct teinté d’humour, Nicolas Trüb  nous encourage à suivre nos rêves en adoptant ces petites méthodes :
  • Repenser à soi, plus jeune. Que voulait-il? Serait-il fier de nous s’il nous voyait? : “le juge de votre vie c’est l’adolescent que vous étiez”
 
  • Transformer sa peur en curiosité.  Face à la difficulté, se demander ce qu’il va se passer et être curieux de savoir comment on traversera cette épreuve. C’est un total changement de perspective
 
  • La magnifique (et très drôle) technique de “au pire je meurs” qui “désamorce immédiatement tous les autres scénarios épouvantables que la peur vous pousse à échauffer”. Ma préférée!
 
“Au pire, je meurs!”
 

 

Le bilan, calmement

 
Le hasard veut que, comme le titre du livre, j’aie 29 ans et je me cherche professionnellement. Evidemment Ma Retraite à 29 ans m’a énormément inspirée et sera mon livre de chevet jusqu’à ce que j’ose me lancer. 
J’espère vivement que ces quelques citations vous ont chamboulés autant que moi et vous poussent à l’action.
A suivre!

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3 Replies to “La créativité au service de l’entreprenariat”

  1. “Un job qui ne vous plaît pas vraiment, c’est tous les matins une baffe dans la gueule”

    Et au pire je meurs…

    La conclusion parfaite

  2. “Un job qui ne vous plaît pas vraiment, c’est tous les matins une baffe dans la gueule”

    Et le au pire je meurs, conclusion parfaite

  3. Ce bouquin me parle … Tous les matins je me prend cette baffe dans la gueule !
    Et la fameuse angoisse du dimanche soir également…

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