L’Unschooling, “une vision de l’éducation”

Ma découverte de l’Unschooling s’est faite à travers deux références dans le domaine : André Stern et Léandre Bergeron.

 

André Stern - et je ne suis jamais allé à l'écoleMon intérêt pour la créativité dans l’éducation m’a menée vers une magnifique vidéo d’André Stern qui a changé ma vision sur l’enfance. Je me suis immédiatement procurée son livre Et je ne suis jamais allé à l’école. 
Fils d’Arno Stern, artiste peintre et pédagogue et d’une institutrice, André n’est jamais allé à l’école. Il a vécu une enfance heureuse faite de jeu et de découvertes. Il raconte sa passion d’enfant pour la guitare, l’écriture, la littérature, le métier de luthier, la langue allemande et mille autre choses.
Il est aujourd’hui musicien, artisan, conférencier, journaliste, entre autres. Et il n’est jamais allé à l’école.
 

 

Léandre Bergeron - Comme des invitées de marqueLéandre Bergeron, quant à lui, offre un témoignage plein de poésie dans Comme des invitées de marque. Autre point de vue que celui d’un père, ancien professeur réputé de l’université Concordia au Québec qui décide de quitter son poste prestigieux pour s’installer à la campagne et vivre de sa passion pour l’écriture, élever des animaux dans sa ferme et créer sa boulangerie. 
Dans son livre, il parle avec tendresse de ses trois filles qui grandissent, libres et heureuses, dans un environnement naturel et aimant, loin de l’école. Son discours est d’ailleurs plus virulent à l’égard de l’école qu’il compare à une prison.
 

 

 

Que faut-il retenir?

Ces deux témoignages dressent un tableau idyllique de l’unschooling. Qu’apprend-on sur ce mode de vie?

 
Apprendre est naturel

“J’ai parié contre ceux qui sont convaincus qu’il faut qu’on soumette les enfants à des tâches pour qu’ils apprennent à travailler. Et j’ai gagné mon pari. Moins on leur demande, plus les enfants en font.” Léandre Bergeron

 

Dès son arrivée dans ce monde, tout enfant a une soif d’apprendre. Aucun enfant n’est bête ou fainéant ; il n’est pas cette tête vide que l’éducateur se donne pour mission de remplir de connaissances. 

Pour André Stern, le cerveau se développe dans les domaines que l’on explore avec “enthousiasme”. Et l’enfant apprend naturellement et durablement (“durablement”, important!)… ce qui l’intéresse et fait sens pour lui.  Demandez-vous comment l’enfant apprend à marcher puis à parler? Naturellement. Pourquoi serait-ce différent pour la lecture, les mathématiques, etc.? 
On comprend alors qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à apprendre au risque de le dégoûter de tout apprentissage.

 

À chacun son rythme. Faisons confiance à nos enfants

Tenter d’apprendre quelque chose à quelqu’un qui n’est pas prêt est voué à l’échec. C’est ce que ne cesse de faire l’école traditionnelle avec les résultats qu’on connaît. 
Laisser l’enfant suivre son rythme, arrivé à un certain âge, peut être source de stress et est difficile pour les parents car cela demande une totale confiance. Il faut être convaincu que l’enfant apprendra ce qu’il faudra, quand il sera prêt.
Ainsi  la non scolarisation est un pari sur l’avenir et il ne faut pas craindre de “perdre” quelques années. Le parcours classique, apprendre à lire à 6 ans, avoir son bac à 18 ans n’est qu’une norme imposée. Rien d’autre. Certains enfants avanceront plus vite, d’autres plus lentement et dans un cas comme dans l’autre, c’est normal.

“Pourquoi est-ce qu’elles devraient savoir lire et ecrire avant d’avoir besoin de lire et écrire? Pourquoi faire du plaisir d’apprendre une torture en l’imposant prématurément? Pourquoi faire du forcing? Ridicule, tout ça. Quel besoin mes filles avaient-elles de lire à sept, huit ou dix ans? Aucun. Quel besoin avaient-elles de compter, additionner, soustraire? Aucun. Jusqu’à ce que dans leurs jeux à elles, elles sentent un manque et cherchent à le combler.” Léandre Bergeron

 

 Apprendre librement, par le jeu

André Stern se définit comme un grand enfant qui n’a jamais cessé de jouer. C’est par le jeu qu’il s’est intéressé à la guitare,  à la rédaction de son journal sur l’actualité de sa famille. Les pédagogues l’ont compris et en maternelle, les programmes mettent l’accent sur la nécessité de laisser l’enfant jouer. Face à des élèves qui décrochent, on préconise des activités ludiques qui capteront l’attention de l’enfant.
Malheureusement, on distingue encore le jeu de l’apprentissage. On m’a une fois reprochée (et je ne suis pas la seule) mes ateliers “occupationnels” que les enfants adoraient pourtant. La phrase préférée de certains inspecteurs étant “Qu’a appris l’enfant? Rien!”. Il y a encore du chemin à faire donc. Pourtant rien n’est purement occupationnel.
Dans l’Unschooling, on laisse l’enfant jouer sans essayer d’occuper son temps par un apprentissage formel et artificiel, conscient que l’enfant apprend en permanence.

“Les enfants, naturellement n’aiment pas les overdoses. Apprendre à se la fermer. 
Apprendre à ne pas enseigner, c’est à dire à ne pas transmettre les connaissances à tout prix, à ne pas forcer la dose, à ne pas être obsédé par l’accumulation de connaissances chez notre enfant comme s’il devait subir un examen dans l’heure qui suit.” Léandre Bergeron

 
La liberté de suivre ses intérêts propres, développer ses passions

Tout ce qui est impossible à l’école. Scotché sur une chaise pensant des heures, contraint à suivre un programme défini par un professeur :

  • comment ne pas être dégoûté par tout ce qui rime avec apprendre, lire, étudier?
  • où trouver le temps pour suivre ses intérêts particuliers et développer ses passions?

Les enfants non scolarisés pouvant  se consacrer à ce qui les enthousiasme, développent plus rapidement que les autres une expertise  dans un domaine.  
André Stern parle de sa chance d’avoir pu explorer sa passion pour la musique, la littérature, l’écriture jusqu’à vivre  de cela aujourd’hui.  Comment cette expertise aurait été possible si, au bout de deux heures, on l’avait interrompu pour lui imposer un cours d’histoire ou de maths?
 

 
Un rôle actif dans la communauté 

L’unschooling favorise d’ailleurs l’indépendance. Il n’y a pas cette nette séparation entre la vie d’enfant écolier et la vie d’adulte. Très tôt, l’enfant à son rôle à jouer dans sa communauté. Il apprend des autres et contribue également. 
Leandre Bergeron raconte comment sa fille de 13 ans a souhaité travailler dans le commerce familial. Au même age, André Stern, s’est mis au service d’un maître luthier qui lui a appris les rudiments du métier. Tout ceci, par intérêt.

Dans nos sociétés où (seuls?) les longues études et les métiers qualifiés sont valorisés, on peut porter un regard négatif sur cette entrée précoce dans le monde du travail. Pourtant il est très valorisant de sentir que ce qu’on fait a du sens (pour soi et les autres).

 

Réussir hors des sentiers battus. Y revenir

André Stern est la preuve qu’on peut réussir professionnellement sans suivre un parcours classique. Son ouverture sur le monde depuis petit, la poursuite de ses intérêts lui ont permis de saisir les opportunités qui se présentaient.

Tout d’abord passionné par la guitare, puis par le métier de luthier, il a souhaité apporter de la valeur aux autres en aidant d’autres passionnés sur ces questions là. Jusqu’à ce qu’un journal le sollicite pour tenir une rubrique dans un magazine spécialisé. Le voilà devenu journaliste sans avoir suivi la voie classique. Certains diront qu’il est surdoué, chanceux ou encore bien-né.

 

Il ne s’agit pas de boycotter l’école et de ne pas se former de manière classique. Les Unschoolers choisissent de ne pas scolariser leurs enfants à un âge où il serait néfaste pour leur bon développement , de recevoir un enseignement imposé qu’ils ne sauraient apprécier.

Il est totalement possible, une fois adolescent (et même bien plus tard), de choisir de suivre une formation, de poursuivre de longues études, dans un domaine qui les intéresse.

L’enfant ne tient pas du tout à recevoir une instruction formelle avant la puberté et que cette instruction formelle, si elle a lieu, est néfaste à son épanouissement” Léandre Bergeron
 

 

Pour finir,

Malheureusement, l’Unschooling n’est pas adapté à tous, dans notre société actuelle. Mais André Stern et Léandre Bergeron laisse entrevoir, dans leurs livres, ce que pourrait être une enfance heureuse.

 

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