Vers l’Unschooling – Introduction

L‘Unschooling, sujet délicat! 

Il faut dire que même à l’époque où je faisais partie de l’Education Nationale, j’étais très sensible aux arguments des pro-déscolarisation. Et si on en parlait?

 

Au départ, l’échec de l’école publique

A l’origine, à la fin du 19e siècle, l’école publique répondait à une nécessité économique, dans une société nouvellement industrielle. Pour fonctionner, les usines avaient besoin d’une main d’oeuvre importante sachant lire et compter. L’école tenait alors parfaitement son rôle en préparant les enfants à leur future vie d’ouvrier et son lot de contraintes : travailler à horaires fixes, être bien rangé face aux lignes de production, se soumettre à l’autorité du patron. Réussir à l’école était la garantie de trouver un travail à la sortie, d’ouvrier si on ne suivait que l’instruction du primaire, dans l’administration pour ceux qui pouvaient continuer au secondaire et au-delà.

 

Mais quel est le rôle de l’école, aujourd’hui qu’on sait que plus jamais la France n’atteindra le plein emploi et que réussir à l’école ne signifie plus trouver un travail ensuite?
D’après le site officiel gouv.fr, l’école élémentaire a pour rôle de faire acquérir “les compétences et les connaissances nécessaires à  la maîtrise du socle commun”, pour “réussir sa scolarité, sa vie d’individu et de futur citoyen”. Un peu nébuleux comme projet, n’est-ce pas?  
Tout le monde est d’accord sur ce point, l’école publique va mal. Et les réformes successives sur les programmes, les rythmes scolaires, etc. n’y changent rien.

L’enquête Pisa menée tous les 3 ans auprès de 65 pays en vient aux conclusions suivantes : l‘école française ne parvient pas à réduire les inégalités sociales qui sont de plus en plus criantes. Le milieu social d’un élève déterminera malheureusement sa réussite ou son échec scolaire.

Par ailleurs, peu de choses sont mises en place pour les élèves en échec scolaire (surdoués ou simplement inadaptés au système scolaire). Normal. Face à 25 élèves, pas le te temps de faire de la pédagogie différenciée. Il y a un programme à boucler alors roulez jeunesse ! Et tant pis pour ceux qui resteront au bord de la route.

On assiste à l’échec de l’école publique.

J’ai conscience de tous les moyens mis en œuvre par l’Etat pour remettre l’Education Nationale sur les flots et je crois que le ministère regorge de personnes bien intentionnées aux idéaux élevés et nobles. Mais à mon sens, dans la réalité, l’un des rôles de l’école d’aujourd’hui est surtout de permettre aux parents de souffler et/ou de travailler pendant que nous gardons leurs petits monstres (je dis ça avec affection).

 

 

L’essor des pédagogies alternatives

Quelle sera l’école de demain? Outre les écoles privées confessionnelles, l’intérêt pour les pédagogies alternatives s’accroît et de nombreux établissements privés voient le jour. Parmi les plus connues et répandues, les écoles Montessori, Freinet ou Steiner. L’enfant maître de ses apprentissages, plus de notes, un respect du rythme de l’enfant, l’accent mis sur les activités manuelles et artistiques.

L’école publique n’a plus le monopole.

D’autres parents, encore, ont choisi de déscolariser leurs enfants et de pratiquer l’Homeschooling, l’école à la maison. 
Une autre alternative existe et on commence à en parler : l’Unschooling.

 

directions école unschooling

 

Qu’est-ce que l’Unschooling?

L’Unschooling est la non-scolarisation de l’enfant. La notion se différencie de l’Homeschooling, l’instruction en famille, qui consiste à donner un enseignement à l’enfant à la maison. 
L’unschooling, lui, prône la liberté d’apprendre hors des murs de l’école et hors de tout cadre formel. Pas de cours, pas de devoirs, c’est en quelque sorte, l’école de la vie. Encore un truc de hippies me direz-vous!

Dans l’idéal, l’Unschooling permet à l’enfant :

  • D’apprendre naturellement, à son rythme et par le jeu
  • De consacrer du temps à ce qui l’intéresse, développer ses passions
  • De créer des liens avec les membres de sa communauté et y jouer un rôle

 

S’il y a environ 30 000 enfants déscolarisés en France, il est difficile d’estimer le nombre de famille qui ont adopté l’Unschooling puisque, par définition, il s’agit d’une pratique informelle qui n’obéit à aucun code. L’Unschooling prend d’ailleurs de multiples formes.

 

L’Unschooling pour tous, une utopie

L’Unschooling exige présence et implication des parents qui doivent prendre leur responsabilité sans se reposer sur l’école pour l’éducation de leurs enfants. Et tous ne le pourront pas.

 

La question de la socialisation

Bien que l’école soit un lieu permettant la socialisation, elle cloisonne les enfants dans des classes constituées d’élèves du même âge. Une pure convention qui n’a pas lieu d’être. 

On s’imagine parfois que les enfants non scolarisés ont pour seul contact, leur famille. Ca ne devrait pas être le cas. Un enfant unschooler épanoui est tourné vers l’extérieur, apprend de ses relations avec des personnes d’âge et de milieux différents. Et c’est aux parents de permettre cette ouverture sur le monde.

“Le pire qui puisse arriver à un enfant serait de rester enfermé chez lui avec ses parents” – André Stern

 

La question des inégalités sociales

Le problème se pose pour les familles les plus défavorisées socialement mais aussi culturellement. Comment assurer alors cet accès au monde, à la connaissance, à la culture quand on a soi-même peu de ressources en termes d’éducation, de revenus? L”Unschooling ne règle pas cette question.

 

La question des revenus

Dans la grande majorité des familles unschoolers, c’est la mère qui choisit de renoncer à exercer sa profession pour se consacrer à son enfant. Dans nos sociétés où un revenu ne suffit pas toujours à faire vivre une famille, l’Unschooling n’est pas la voie de la facilité. Ce choix de vie implique souvent de consentir à des sacrifices financiers.

 

Au final,

L’Unschooling n’est pas un délire de bobos mais il est évident que ce n’est pas une option accessible à tous.

L’Unschooling n’est donc pas LA solution. C’est une piste parmi d’autres. Déscolariser son enfant est un choix personnel qu’il faut pouvoir assumer financièrement et en termes d’engagement personnel. 

Mais cette philosophie de vie nous permet de nous interroger sur l’école d’aujourd’hui. Quelle école pour demain, qui permette la transmission de valeurs communes tout en respectant l’individu?

 

La suite prochainement pour approfondir ces différents points 😉

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